J’ai été invitée à illustrer 3 des articles du hors série de la revue Prisme dédiée à la recherche scientifique éditée par l’Université de Caen.
L’illustration vient (trop) souvent après le texte. Et il est rare qu’on donne à l’illustrateur carte blanche.
Pour moi, créer un visuel ce n’est pas mettre en image le texte de manière littérale. C’est au contraire chercher à montrer ce que l’écrit ne dit pas ou évoque en sous-texte. Il n’était pas non plus question d’expliquer des principes scientifiques complexes par le dessin (et heureusement parce que j’ai un niveau CM1 en physique !). J’avais toute latitude pour donner ma lecture des sujets et j’ai pris beaucoup de plaisir à chercher des univers graphiques poétiques qui donnent à rêver et réfléchir.
Portrait de la jeune chercheuse normande qui réalise une thèse en astrophysique. Pour expliquer sa démarche, elle compare les activités infinitésimales au coeur de la matière à celles des étoiles, les novae. À leur mort, elles explosent et dégagent une énergie colossale. Ce parallèle entre l’infiniment grand et le minuscule qui prête à méditer m’a inspiré ce visuel où je présente la jeune femme la tête… dans les étoiles !
Etoiles, orbes, anneaux… Réalisation des motifs pour la partie « cosmique ».
Un travail manuel de dessin et grattage pour des effets de texture. Dessin de plusieurs formes assemblées numériquement par la suite.
Femmes qui cherchent Rosine Coq-Germanicus et Valentine Bouet
Deux chercheuses qui ont fait leur carrière à l’université de Caen Normandie pour illuster cet article qui aborde la question des orientations scolaires pour les jeunes filles. L’une fait des recherches très pointues dans la science des nanomatériaux, l’autre dans l’étude du cerveau humain.
En m’inspirant de leur univers de recherche, j’ai représenté deux exploratrices en blouse blanche avançant prudemment mais sûrement dans une grotte sombre. Un clin d’oeil à la caverne platonicienne et une allégorie de la recherche : éclairer les zones d’ombre avec foi et témérité. Oui, les femmes ont toute leur place dans la science ! Les petits rats de laboratoire guident les héroînes car j’ai appris que Valentine Bouet s’était engagée pour protéger ces petits collaborateurs une fois les expériences finies.
De l’esquisse au dessin
La première intuition était la bonne ! Comparer la recherche scientifique à de l’exploration en mettant en parallèle l’idée d’explorer un lieu inconnu et l’idée de scruter la matière pour la comprendre avec la lampe frontale en symbole de la connaissance.
Têtes chercheuses
Cet article aborde d’un côté la question de l’omniprésence des écrans dans les relations intra-familiales qui questionnent les chercheurs en sociologie, de l’autre, le Billotron, un outil pédagogique avec des billes de couleurs pour expliquer les réactions nucléaires au public non averti. Deux sujets en apparence différents réunis en un seul visuel où j’évoque la question de la perte des relations humaines directes au sein de la famille et la physionomie du Billotron qui rappelle le jouet ou le distributeur de chewing-gum.
Un clin d’oeil deux précédent travaux réalisés il y a quelques années autour des liens sociaux : des groupes de personnes avec des écrans à la main. Ensemble mais distants les uns des autres.